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Ressemblance et propriétés

Première publication, janvier 2008 (révisée août 2015)

Selon les termes du débat philosophique, certaines entités ont des propriétés mais ne sont pas des propriétés, ce sont les particuliers. Les particuliers peuvent être définis comme des entités concrètes, c’est-à-dire qu’elles sont, des entités spatiotemporelles.

Lorsque nous disons que deux particuliers « partagent » la même propriété, nous exprimons l’idée que ces deux particuliers possèdent un élément en commun. Cette façon de parler des propriétés, lorsque nous disons que deux écrans d’ordinateurs partagent la même luminosité, par exemple, ou que deux pommes partagent la même forme, nous conduit à penser que le terme « même » signifie stricte identité.

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On peut considérer deux genres d’identité. Armstrong précise que le mot « même » ne signifie pas toujours « = ».[1] Un sens strict et un sens relâché semble partager la signification du mot. Si nous considérons qu’un bateau par exemple, n’est rien de plus qu’une collection de planches, nous devons nous demander si la collection de planches et le bateau sont identiques. La notion d’identité, ici, fait appel à l’identité à soi. A est identique à B dans ce sens, seulement dans le cas ou A et B sont identiques dans ce sens strict. Cependant, nous pouvons dire que deux robes sont les mêmes, quand elles sont exactement similaires. Ainsi, nous pouvons séparer les notions d’ « identité » (stricte) et de « similarité » (exacte similarité).

Le sens commun du mot « similaire » est « ressemblance ». La ressemblance entre deux choses peut-être plus ou moins grande. Deux exemplaires du même livre sortant de presse en même temps seront parfaitement similaires. De façon plus relâchée, le terme de similarité peut s’appliquer à deux arbustes de la même espèce issus de deux rejets d’un même arbre. Chaque arbuste ne sera pas, pour autant, strictement identique l’un à l’autre, mais le terme de « strictement similaire » pourra encore s’appliquer à chacun d’eux.

La forme que les deux pommes partagent ne peut pas être interprétée à la façon d’un biscuit qu’une mère partagerait avec son enfant. On pourrait plutôt dire que deux objets partagent des propriétés comme deux personnes peuvent partager un goût pour la peinture primitive flamande, par exemple. Autrement dit, lorsque l’on utilise l’expression métaphorique de « partager » une propriété, ce terme nous conduit à penser que deux particuliers possèdent quelque chose de strictement identique en commun. « Comment fonder cette ressemblance objective des choses ? » Telle est la question métaphysique qui se pose à propos des propriétés.

Références

[1] 1997, A world of State of Affairs, Cambridge U. P., p. 14-17.

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